LAOS ET LEGENDES


Khoun Bourom, légende ou stratégie politique:

Selon Phouvong Phimmasone (Phimmasonne Phouvong, op. cité, p.50), le mot Lao vient peut-être du mot Khoun Lo et du mot pali altéré « labu » (courge) devenu Lao (gens nés de la courge) par métaplasme : chute de la voyelle et le changement de b en v. Le nom (Khoun) Lo, selon l’écriture, peut aussi se prononcer La-O qui doit être d’origine Khmère et qui signifie « beau, bien bon ». Oukham Phôm vôngsa (Oukham phôm Vongsa, khoam Pên Ma Khone Lao, Vientiane, 1958, p.62) croît que Khoun Bourôm, étant un grand administrateur et un grand politicien, avait créé la légende des calebasses dons le but d’affermir l’unité du royaume et de prouver que les Thai, Lao, Ho, Keo (Vietnamiens) et Kha sont tous les descendants d’un même père.

Plus tard, vers le XIVè siècle, cette légende aurait eu un rôle très important dans la fondation et l’unification du Lan Xang. D’après le Nithan Khoun Bourôm qui vient d’être analysé ..., la facilité avec laquelle Fa Ngoum obtint la soumission des chefs dans les pays conquis et l’amitié des rois voisins, auraient eu pour cause le sentiment d’une commune origine. « Comme vous, nous sommes les descendants de Khoun Bourôm », lui disent les envoyés du Trân Ninh; « nous sommes frères par Khoun Bourôm et ne devons pas lutter avec les armes entre nous », affirme le chef Lu des Sipsongphanna.

Le Roi d’Ayuthhaya lui-même, pour arrêter la marche de Fa Ngoum sur le plateau de Khorat, lui rappelle qu’ils sont « frères depuis Bourôm », lui offre des territoires et lui promet une de ses filles en mariage. (G. Coedès, Les Etats hindouisés d’Indochine et d’Indonésie, Paris 19118. p. 374), Avant 1316, époque à partir de laquelle les Annales tenues par les bonzes commencent à nous fournir quelques précisions sur les dynasties des Thai dans les vallées du Me Nam et du Mékong, dont celle de Khoun Lo, on ne possède qu’un petit nombre de légendes locales, quelques brèves annotations dans les annales de la Chine, du Cambodge, du Viêt-Nam….

Ainsi, avec un esprit de réserve bien compréhensible, les manuels d’Histoire du Laos employés récemment dans les écoles Laotiennes (Par exemple, le Phongsavadan Lao samlap Sane Pathôm ( Histoire du Laos pour le cycle Primaire) n’ont pas mentionné la légende Khoun Bourôm, mais après un bref aperçu sur la succession des apports raciaux (les premiers autochtones sont de race indonésienne dont descendent les actuelles tribus Kha ; ensuite les Kha ont été refoulés par les Cham; puis les Khmers, fortement hindouisés, refoulent les Cham et finissent par les assimiler; enfin, viennent les Thai ...) ces manuels commencent l’histoire du pays à l’avènement du grand Roi Fa Ngoum en 1353.

Toutefois, les auteurs laotiens d’aujourd’hui (Maha Sila Viravongs, Oukham Phôm Vongsa, Tiao Kham Manh Vongkôt Rattana, op. cité) se sont mis à l’étude de cette période obscure de l’histoire du Laos. Avec quelques détails légèrement différents, ces auteurs soutiennent que le peuple Lao (Il est d’usage actuellement au Laos d’employer le terme « Lao » à la place de celui de « Laotien »).


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